Valérie Blass

8 sculptures, 2016
Musée d’art contemporain de Montréal
19.10.2016—15.01.2017

Les récentes propositions de Valérie Blass sont investies d’une double tension qui confronte les notions de visibilité et d’invisibilité ainsi que les limites entre volume et surface. Ses sculptures, dont les postures anthropomorphiques tendent à l’abstraction, procèdent de représentations volontairement instables : l’unité de l’œuvre est pensée de manière à s’échapper, à se transformer et se recomposer selon les positions et les déplacements du spectateur.  La portée référentielle de la représentation est ainsi densifiée et la sculpture agit comme une entité plurielle.

Dans cette nouvelle série de sculptures, le motif de l’homme invisible renforce les détournements perceptifs. Les propriétés aléatoires des matériaux s’allient aux jeux de plein et, surtout, de vide qui contribuent à l’illusion de personnages ou d’objets invisibles, repérables à partir de certains indices matériels ou vestimentaires. La simulation de la transparence procède d’éléments qui semblent flotter et dont l’agencement permet de dessiner les contours de ce qui est absent. Le contraste est d’autant plus fort que ce qui est rendu visible est précisément ce qui est normalement caché ou privé : des sacs de stupéfiants attachés à un corps (invisible) que l’on imagine traverser les douanes, des sous-vêtements ou même des postures qui relèvent de l’espace intime. Ces bribes figurées rejoignent un cadre narratif soigneusement décousu, un grotesque calculé qui fonctionne à la manière de pointes humoristiques, de répliques que nous renvoie l’artiste.
—AS

Une commande et une production de La Biennale de Montréal pour Le Grand Balcon.

Biographie