Myriam Jacob-Allard

Une voix me rappelle toujours, 2016
Musée d’art contemporain de Montréal
19.10.2016—15.01.2017

Puisant dans le patrimoine de la musique country québécoise, la pratique de Myriam Jacob-Allard se décline en différents volets où s’entrecroisent la vidéo, la performance et l’installation, tout en mettant fréquemment à profit un processus de production aux frontières du bricolage. À travers son héritage familial, au sein duquel cette culture musicale est transmise de mère en fille, l’artiste prend une position volontairement ambiguë, mêlant l’autofiction à un registre plus documentaire. Le country québécois, qui porte une attention marquée pour les valeurs dites familiales et les récits du quotidien, permet d’interroger la notion du legs et, par extension, la difficile tension entre la mémoire et l’oubli.

Témoignant de cette approche focalisée, Une voix me rappelle toujours met de l’avant une forte charge intimiste. En amont de son projet, Jacob-Allard a d’abord effectué une série de rencontres avec des chanteurs et chanteuses de bars québécois qui se sont prêtés au jeu d’interpréter a cappella la chanson country locale qui leur est la plus significative. L’artiste a ensuite retracé ces mêmes chansons sur des sites Web tels que YouTube où elle a sélectionné certaines vidéos qui sont ainsi devenues fondamentales dans la mesure où son projet consiste à réinterpréter chaque performance en reprenant non seulement les chansons, mais aussi les costumes, la mise en scène et l’atmosphère générale des enregistrements. . Il s’en dégage un caractère mêlant l’humour à la mélancolie, la beauté au glauque et le fragile au stoïque. Ces stratégies de répétition, d’accumulation et de reconstitution font parallèlement écho au principe des reprises, inhérent à cette culture musicale.
—AS