Liao Guohe

Corruption Makes People Blush, Innocence Is Just Like A Dove, 2015
If the Chief’s Hands Are Clean, the Cow Can Only Produce a Half of Milk, 2014
Prosperity, Democracy, Civilization, Fairness, Justice and Rule of Law, 2015
Qian Yun Hui (Money Cloud Meet), 2014
Untitled (Car, Tunnel, Sycee), 2015
Musée d’art contemporain de Montréal
19.10.2016—15.01.2017

Bien que la peinture est loin d’aller de soi à l’âge de la stimulation audiovisuelle et des technologies informatiques, voilà que le plus « artistique » des médiums se voit de nouveau accepté, et de plus en plus, peut-être en raison de son caractère fondamentalement anachronique. L’artiste chinois Liao Guohe, à la fois virtuose et « mauvais » peintre, voit dans la « Chine » une caisse de résonnance contextuelle, porteuse d’une attitude irrévérencieuse envers sa tradition picturale vieille de plusieurs siècles.

Guohe transporte la figuration, avec ses nombreuses sources et traditions, dans un royaume pictural gai, loufoque, pervers. Ses tableaux consistent en « dessins peints », et présentent une imagerie simple combinée à des phrases ou à des mots écrits en idéogrammes chinois, attaques sauvages et satiriques portées aux coutumes politiques ou sociales de la Chine contemporaine. La forte envie de raconter ces histoires et l’instinct de peindre ou de dessiner se maintiennent ici continuellement de part et d’autre dans un équilibre instable. Les œuvres de Guohe placent le spectateur en bordure d’une vulgarité violente et nue, que dans un moment spontané, horrifiant, l’on reconnait parfois en soi. L’humour méprisant des images et le manque apparent de dextérité soulèvent l’enthousiasme. L’urgence que laisse voir leur exécution souligne quant à elle les observations extrêmes, amusantes que porte l’artiste sur la société dans laquelle il vit. La protestation manifeste de ses personnages parle, en leur faveur ou non, avec une sauvagerie et une révulsion étonnantes. Jamais pourtant les œuvres ne versent dans le cynisme : leur simplicité et leur primitivisme appellent à la sympathie de tous.

Les tableaux tirent un puissant impact visuel et une énorme énergie du champ de tension existant entre le court-circuit historiquement hérité et la constante interaction entre la peinture-action et la peinture-narration. Bien que les œuvres de Liao Guohe rappellent graffitis et dessins animés, l’artiste rejette avec véhémence une telle comparaison, favorisant plutôt les antécédents historiques. Tout comme les peintres chinois classiques intégraient fréquemment des poèmes dans leurs œuvres, Guohe écrit souvent ses titres directement sur la toile, évoquant par là l’artiste et poète du 13e siècle Zhao Mengfu, à qui l’on doit cette célèbre déclaration : « La calligraphie et la peinture sont essentiellement la même chose. » Avec ses coups de pinceau rapides et nerveux, sur des toiles non tendues en imitation du mauvais goût de la classe moyenne (y compris en matière d’humour), Guohe représente et commente un monde qui ne fait aucune place à l’élégance et à la délicatesse, un monde amoral, sale et troublé.

Guohe transporte la figuration, avec ses nombreuses sources et traditions, dans un royaume pictural gai, loufoque, pervers. Ses tableaux consistent en « dessins peints », et présentent une imagerie simple combinée à des phrases ou à des mots écrits en idéogrammes chinois, attaques sauvages et satiriques portées aux coutumes politiques ou sociales de la Chine contemporaine. La forte envie de raconter ces histoires et l’instinct de peindre ou de dessiner se maintiennent ici continuellement de part et d’autre dans un équilibre instable. Les œuvres de Guohe placent le spectateur en bordure d’une vulgarité violente et nue, que dans un moment spontané, horrifiant, l’on reconnait parfois en soi. L’humour méprisant des images et le manque apparent de dextérité soulèvent l’enthousiasme. L’urgence que laisse voir leur exécution souligne quant à elle les observations extrêmes, amusantes que porte l’artiste sur la société dans laquelle il vit. La protestation manifeste de ses personnages parle, en leur faveur ou non, avec une sauvagerie et une révulsion étonnantes. Jamais pourtant les œuvres ne versent dans le cynisme : leur simplicité et leur primitivisme appellent à la sympathie de tous.
—PP

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