Eric Baudelaire

Prelude to AKA Jihadi, 2016
Musée d’art contemporain de Montréal
19.10.2016—15.01.2017

Au cours des dix dernières années, l’artiste et cinéaste Eric Baudelaire a élaboré une œuvre avant tout composée de films, mais aussi de photographies, de sérigraphies, de performances, de publications et d’installations. Dans une pratique fondée sur la recherche, l’artiste examine la relation entre les images, les événements passés et leur documentation. Intéressé par le rôle de l’image cinématographique en tant que balise indiciaire, Baudelaire crée des récits dans lesquels les faits enregistrés servent de point de départ à une exploration de l’inconnu.

AKA Jihadi est un nouveau film s’inspirant d’une approche cinématographique connue sous le nom de « théorie du paysage », développée par le réalisateur d’avant-garde japonais Masao Adachi ainsi que par des critiques et d’autres cinéastes ayant travaillé au film de 1969 AKA Serial Killer. Dans le film nippon d’origine, les images du repérage effectué pour un projet un tueur en série réel finissent par devenir le film lui-même. AKA Jihadi fonctionne selon le même principe, retraçant l’itinéraire d’un jeune Français du nom de Nabil qui se rend en Syrie pour prendre part au combat du peuple syrien contre Bashar El-Assad, avant de se joindre, est-on porté à croire, à l’État islamique. Le film adopte une position contradictoire qui consiste à (ne pas) essayer de comprendre alors qu’on tente de reconstituer la trajectoire de son protagoniste, dont les actions, motivations et intentions futures n’offrent aucune certitude ni explication simple.
—AV

Photo : Eric Baudelaire, extrait de AKA Jihadi, 2016, vidéo, durée variable

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