Elaine Cameron-Weir

Snake 1, Snake 2, Snake 4, 2016
Musée d’art contemporain de Montréal
19.10.2016—15.01.2017

L’état provisoire du monde tel qu’on le perçoit occupe une place centrale dans les réflexions d’Elaine Cameron-Weir. Matérialisant sa pensée, ses sculptures et ses installations échappent toutefois à une fonction didactique ou heuristique : elles se présentent à la manière de suggestions dont les fins sont variables.

Le principe de métamorphose est l’élément clé des trois sculptures serpentines intitulées Snake 1, Snake 2 et Snake 4. Ces hautes structures de cuivre émaillé sont composées d’une multitude de segments modulaires rappelant, par leur agencement, les écailles d’une peau de serpent. Les fines attaches d’acier qui les retiennent évoquent le travail manuel ainsi que la possibilité d’une décomposition qui puisse créer une autre morphologie. Cependant, l’évidente référence au serpent n’est pas anodine. On reconnaît l’animal pour sa capacité à muer et, par son héritage symbolique, entre autres mythologique, pour sa référence aux transformations cycliques et aux changements.

Les trois Snakes mettent également en jeu la notion de symétrie. Suspendus par un système de poulies, leur équilibre est maintenu par des contrepoids de sacs de sable. La visibilité de ce système d’accrochage laisse présager une éventuelle manœuvre qui modifierait la mise en espace de l’ensemble. La dimension provisoire de ce qui est perçu est mise de l’avant, tout en confrontant le spectateur à la juxtaposition d’éléments strictement utilitaires et de charge plus symbolique. Pourtant, le serpent, tout comme la poulie, rejoint l’idée du mouvement et de la circularité. En cela, la confrontation entre le vocabulaire plus industriel du système d’accrochage et celui, plus figuratif, des peaux de serpent est elle aussi fluctuante.
—AS

Biographie