David Lamelas

The Desert People, 1974
Musée d’art contemporain de Montréal
19.10.2016 – 15.01.2017

La pratique de David Lamela touche aux paramètres temporels et spatiaux, que l’artiste argentin examine dans des installations, des performances, des photographies et des films depuis l’époque de sa jeunesse où, au début des années 1960, il donnait forme à l’avant-garde de son pays.

The Desert People est la première œuvre que Lamelas a complétée à Los Angeles avant de s’y installer en 1976. Ce documentaire fictif, sur une réserve amérindienne, critique la pratique de la production filmique. Décrit par l’artiste, à son arrivée à Los Angeles « où [il a] immédiatement vécu le choc culturel américain », comme une « étude sur la production cinématographique américaine », The Desert People combine deux genres bien connus, soit le road-movie et le documentaire ethnographique, brouillant ainsi les frontières entre faits et fiction, sujet et objet.

Les images d’une voiture américaine roulant sur une autoroute désertique sont, dans la scène d’ouverture, interrompues par des interviews avec quatre des cinq passagers. Chacun de ces quatre Américains blancs décrit son expérience de vie sur la réserve Papago. Ils analysent les comportements sociaux de la communauté, se livrant toutefois peu à quelque introspection que ce soit sur la dynamique de leur propre groupe. Le spectateur, ironiquement, en garde le sentiment tenace que le véritable sujet du film, le peuple du désert du titre, n’est non pas les Papagos, mais bien les Angelenos. La dernière personne interviewée, un Papago du nom de Manny, regrette la façon dont l’influence américaine sur les Amérindiens entraîne la perte de la culture indigène. Et tandis que son anglais cède peu à peu à l’espagnol, puis au papago, le sens de ce qu’il souhaite communiquer se perd à son tour.
—PP

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