Celia Perrin Sidarous

Notte coralli, 2016
Musée d’art contemporain de Montréal

19.10.2016—15.01.2017

Les installations photographiques de Celia Perrin Sidarous se présentent comme un ensemble d’échos formels qui mettent en relation les objets représentés, le dispositif de présentation et l’espace d’exposition. L’intérêt de l’artiste pour les codes de la nature morte est fondamental : les objets mis en scène sont d’abord choisis pour leur potentiel de transformation. Leur rencontre dans l’image les dégage de leurs fonctions ou identités initiales afin de suggérer une nouvelle réalité, plus vague et flottante, portée par les affinités entre les matériaux, les formes et les couleurs. Ces rappels trouvent une extension tangible dans les structures de soutien de l’installation (socles, pentures, cimaises), dont les jeux de pleins et de vides font eux aussi image, opérant comme des parties intégrantes de l’œuvre. L’attention de l’artiste pour ce qui excède et entoure l’objet photographique relève d’une réflexion sur le rôle du décor et, plus largement, sur la notion du hors-champ, laquelle recoupe l’ensemble de son travail. Si les particularités physiques des objets choisis, trouvés, manipulés ou fabriqués dirigent la sélection de l’artiste en amont de la mise en scène photographique, leur connivence au sein de l’image et de l’installation est pensée de manière à dépasser le strict registre formel. La coprésence d’éléments à la fois hétéroclites et familiers (coquillages, papiers et découpes textiles, mains, paysages grecs, minéraux, etc.) génère une superposition de temporalités, où l’objet contemporain dialogue librement avec le moderne, l’ancien, le très ancien et l’atemporel.

Cet intérêt pour l’empreinte du temps dans la charge sémantique des objets et des représentations rejoint l’idée du mouvement entendu comme passage et translation. Le film que nous présente Perrin Sidarous en est un autre témoin. À la manière d’un collage qui se déploie dans le temps, le mouvement continu des images rappelle l’importance pour l’artiste de multiplier les façons d’observer, de contempler, de regarder dans une certaine lenteur une famille d’éléments rassemblée devant la caméra.
—AS