Benjamin Seror

Marsyas, pauvre Marsyas, 2015—2016
Regroupement Pied Carré
20.10.2016—10.12.2016

Le projet littéraire, performatif et vidéographique Marsyas, pauvre Marsyas [The Marsyas Hour] a été entamé il y a plus d’un an. Dépassant en durée et en format scénographique les interventions antérieures de Seror, cette nouvelle version de l’œuvre se base en partie sur son roman Mime Radio. Entouré d’accessoires dans un décor à la fois minimal et hétéroclite, Seror raconte sur scène la déroutante histoire de son personnage principal, Marsyas, qui au travers d’un retournement singulier voit son cerveau dérobé par un personnage directement inspiré du film Pickpocket de Robert Bresson. Cette performance a été filmée et travaillée de manière à produire une œuvre vidéographique dont les contours dépassent le cadre du document ou de l’archive. L’enregistrement de la performance est pensé de manière à calquer le schéma technique et visuel propre au sitcom. Les angles rapprochés, le rythme du montage et l’espace restreint du décor donnent des airs d’épisode pilote à l’ensemble de l’œuvre. Pour parler de ce projet, Seror évoque l’hypothèse d’un film réalisé par des Grecs anciens, à la manière d’un récit homérique, où l’accent serait mis sur le narrateur plutôt que sur les images décrites dans sa narration.

La transmission de l’histoire, les stratégies de mise en scène et la mémoire (réelle ou fictive) agissent comme des lignes de force chez Seror. L’articulation des actions au texte, et plus généralement au langage, est fondamentale à sa pratique performative, qui se module en fonction des lieux de présentation. Le contexte montréalais se révèle comme un terrain des plus pertinents pour aborder ces enjeux linguistiques.
—AS

 

Produit par la Biennale de Montréal pour Le Grand Balcon
Présenté par la Biennale de Montréal en collaboration avec le studio 303

Biographie