Ben Schumacher

Telephone & Telegraph, 2016
Musée d’art contemporain de Montréal
19.10.2016—15.01.2017

Notre dépendance aux technologies des communications semble aujourd’hui exponentielle et coextensive aux élans de la globalisation. L’usage de câbles télégraphiques dans le récent travail de Ben Schumacher fait implicitement référence à ces enjeux en ciblant l’infrastructure matérielle propre à la transmission de l’information, toujours en proie à la désuétude. L’installation Telephone & Telegraph présente d’une part une structure murale dont les contours métalliques rappellent une enseigne hôtelière. En son centre, un globe terrestre est resserré par une corde, à mi-chemin entre les deux hémisphères. À la manière d’une ceinture qui restreint les contours d’un corps rond, cette corde engage un certain anthropomorphisme. La corde, dont la forme rappelle le câble télégraphique, fait par ailleurs allusion à une perception réifiante de la planète, comme matière et comme ressource.

D’autre part, au sol, des câbles télégraphiques dessinent un cœur. Au-delà de leur fonction utilitaire, ces objets hors d’usage appellent à être observés autrement que comme de simples artefacts. Ils renvoient plutôt au désir chez l’humain de cartographier le monde sous un spectre à la fois cognitif et émotif, en décloisonnant les frontières qui séparent le monde physique et matériel du cadre psychologique et sensible.
—AS

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